Gauguin le designer

Temps de lecture: 3 minutes

Ca y est ce sont les fêtes. Les parisiens ont déserté la ville et les touristes sont affairés à dépenser toutes leurs économies dans les grands magasins. Idéal pour visiter les musées en paix. Deux semaines pour profiter de Gauguin en toute tranquillité!

Gauguin, artiste polymorphe

On a tout dit sur Gauguin. Tempérament irascible, égoïste patenté, amoureux des femmes, des très jeunes femmes. Après quelques heures de visite, le constat est pourtant simple: Gauguin est surtout un artiste précurseur. La digression de cette exposition est de se détourner de l’évidence de la peinture. Ici, on donne à voir un artiste complet qui innovait autant avec du grès que du bois gravé.

Décliner à l’envie

A la manière d’un designer, ses motifs se sont apposés sur de multiples supports et objets du quotidien. S’il dessine une jeune femme pour un tableau, il utilise alors le visuel pour du mobilier comme une jardinière ou de la mode comme un éventail. « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout de transforme » aurait dit Lavoisier. Avec l’impression sur bois, il ferait presque penser à Andy Warhol et son infinité de figures pop. En arpentant les différentes salles de l’exposition, force est de constater que la répétition amène au foisonnement de la production.

Marier les cultures

On ne pourra manquer de noter que Gauguin n’a eu de cesse de voyager, allant jusqu’à produire et vendre des toiles pour retourner dans ces contrées inconnues. Les bretonnes de ses débuts avaient d’ailleurs déjà des airs d’ailleurs. Sa grande recherche est la figure primitive. Fasciné par les rites anciens, il sera frustré de les voir disparus à Tahiti, après les évangélisations chrétiennes. Peu importe, il gravera ses propres totems, mélange d’influences boudhistes, indiennes et maoris. Il ira jusqu’à créer une idole, Oviri, qu’il demandera à garder sur sa tombe aux Marquises.

Une scénographie léchée

L’exposition marque par sa profusion. Une attention particulière a été portée à la mise en relation des peintures avec le travail de recherche comme les croquis ainsi que les influences d’autres artistes ou d’objets primitifs. Un autre bon point est de régulièrement proposer de courts films où l’on apprend les différentes techniques utilisées par Gauguin comme la sculpture céramique ou l’impression sur bois. Clou de l’exposition, la reconstitution de la Maison du Jouir, la maison-atelier pensée et créée par l’artiste, théâtre de son art.

A propos de l’art, Gauguin disait « l’art est une abstraction, pensez plus à la création qu’au résultat« . Il est temps de recommencer à créer sans entraves.

Gauguin l’Alchimiste, jusqu’au 22 janvier au Grand Palais, Paris

+ Musique: Burning Peacocks – Ondulations +

 

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